France/Politique

Interview de Francois Hollande dans The Guardian

Source:

Hollande rassure la city, pas la gauche” sur le blog du parti de gauche du Tarn.

14/02/2011

On aimerait pouvoir concentrer nos critiques sur l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, mais décidément François Hollande fait fort. Après avoir salué les plans d’austérité en Grèce dimanche, voilà qu’il fait tout pour rassurer “la city” dans un interview au Guardian le 13 février. Résultat : il inquiète un peu plus la gauche. Pensait-il que les électeurs de gauche ne savaient pas lire l’anglais ? En tous les cas, ses propos, s’ils ne les désavouent pas, sont désespérants. Se référant à Tony Blair, François Hollande explique qu’on pouvait comprendre les craintes en 1981 lorsqu’en pleine guerre froide François Mitterrand avait nommé des ministres communistes au gouvernement. Mais, ouf, aujourd’hui “il n’y a plus de communistes en France” (nos camarades apprécierons !). Mieux “la gauche a gouverné pendant 15 ans pendant lesquels elle a libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation”. Il s’en vante alors que c’est cette politique qui entraine aujourd’hui l’Europe à la catastrophe.“There is no big fear” (Traduction : Il n’y a pas de crainte à avoir) conclue le candidat du PS. Avec de telles ambitions, c’est sur que la finance peut être rassurée… ! Décidément, les idées socialistes ne sont portées que par un seul candidat dans cette campagne et il n’est qu’une assurance pour une politique de gauche : le bulletin de vote Jean-Luc Mélenchon.

 

Pour lire l’article en version original cliquez The Guardian

 

François Hollande tente de rassurer le Royaume Uni et la City de Londres.

Le favori de l’élection présidentielle française a déclaré qu’il voulait le retour du Royaume Uni au cœur de l’Europe et que le secteur de la finance ne devait pas craindre de nouvelles réglementations.

« Nous avons besoin que la Grande Bretagne se sent partie prenante de l’Europe » a dit François Hollande aux représentants de la presse dans la perspective d’une visite à Londres la semaine prochaineà laquelle il souhaite donner une grande importance. Mais il a ajouté que la France n’aurait jamais pu accepter la tentative de David Cameron de faire de la City de Londres, dans le cadre d’un nouveau traité européen, un « sanctuaire » à l’écart de la régulation financière.

Hollande a écarté les craintes exprimées à Londres par la droite selon lesquelles il serait dangereux pour la City. Il a dit qu’il n’était pas du genre « agressif », qu’on ne le considérait pas en France comme un homme très à gauche, et quant à son intention de réguler la finance elle s’apparentait dans ses grandes lignes à celles de Barack Obama dans son discours devant le Congrès. « On peut dire qu’Obama et moi avons les mêmes conseillers ». Il a dit que son attitude vis-à-vis des futures mesures de régulation dans le secteur financier était en ligne avec « l’opinion publique » en Europe et similaire à celle des autres prétendants à l’élection présidentielle (il a juste oublié d’écouter le candidat du Front de Gauche), y compris le candidat de droite Nicolas Sarkozy.

Hollande, jovial et consensuel député de province, qui a dirigé le PS pendant 11 ans, est considéré comme le favori de la présidentielle française en mai. Quand, lors d’un récent meeting, il a désigné le « monde de la finance » comme son principal « adversaire », c’était une illustration de la rhétorique de campagne largement adoptée par tous les candidats, y compris ceux de droite. Son programme veut imposer davantage les très riches, ceux qui ont le plus largement profité des allégement fiscaux. Mais il est considéré comme un homme du centre-gauche, un social-démocrate modéré dont les mains sont liées par la dette française et le trou béant des finances publiques. Son projet est plus modeste que celui de tous les candidats socialistes qui l’ont précédé et ne contient aucune des promesses traditionnelles comme l’augmentation du SMIC ou des salaires, mais par contre il se propose de réduire le déficit public. Sa mesure la plus concrète concernant les banques – une loi pour séparer leurs activités de dépôts et leurs activités de spéculation – est déjà envisagée au Royaume Uni et aux Etats-Unis, et Sarkozy a court-circuité Hollande en annonçant une taxe sur les transactions financières en France, la fameuse taxe Tobin ou taxe Robin des Bois

.Cela dit, les louanges appuyées de Hollande à Tony Blair mettent en évidence ses orientations politiques et la façon dont il entend gouverner la France. Pendant des années, Blair, le New Labour (le Nouveau Parti travailliste) et la troisième voie ont constitué une hérésie aux yeux de la plupart des socialistes français. Hollande a déclaré que Blair était un homme agréable et, « si intelligent qu’il n’avait pas besoin d’être arrogant ». Il a ajouté : « La première leçon a tirer de Blair c’est sa longévité politique … La seconde, c’est qu’ il a été capable, après une longue période de thatchérisme, de relancer l’éducation, la santé et le secteur public… Puis il a succombé à l’idée dominante que les marchés pouvaient se réguler tout seuls et à la notion que le marché et le libéralisme (économique) pouvaient être un facteur suffisant de croissance… Nous en voyons les conséquences. »

Hollande a écarté l’idée selon laquelle il serait un idéologue de gauche et rejeté le rapprochement avec les peurs qui accompagnèrent l’élection de Mitterrand en 1981. « Les années 80 étaient radicalement différentes. Les gens craignaient l’arrivée de chars soviétiques sur la place de la Concorde. Cette ère est révolue, c’est de l’histoire ancienne. C’était normal que les gens aient peur à l’époque. Nous sortions de 23 ans de règne de la droite, il y avait la guerre froide et Mitterrand a nommé des ministres communistes. Aujourd’hui, il n’y a plus de communistes en France. Ou si peu … La gauche a été au pouvoir pendant 15 ans pendant lesquels elle a libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n’y a vraiment rien à craindre ».

Il a ensuite réitéré sa demande de longue date de modifications du traité européen sur l’intégration économique, mais il a semblé mettre en veilleuse l’idée d’une renégociation globale, préférant insister sur l’ajout d’une clause pour une croissance économique, à l’intérieur ou à l’extérieur du traité. Il a déclaré qu’il ferait ratifier le traité par le parlement après son élection et qu’il n’était pas favorable à un référendum. »

Contrairement à Sarkozy, Hollande a dit qu’il parlait l’anglais « comme un Français , avec un accent, mais je le parle ». Il a conclut en disant qu’il connaissait l’Angleterre et n’avait « aucune appréhension ni préjugé » à son sujet.

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